3 questions à . . . Gérard Ravouna Président de Mode-Habillement Rhône-Alpes et Premier Vice-Président de la FFPAPF

Passionné de mode et fondateur de l’entreprise Babouchka, Gérard Ravouna est, depuis 11 ans, le Président de Mode-Habillement Rhône-Alpes. Une union régionale défendant la différence d’entreprises telles que Zilli, Maison Lejaby, Avance Diffusion, Nathalie Chaize, Hôtel Particulier…

Mode-Habillement Rhône-Alpes, l’union régionale que vous présidez depuis 11 ans, vient tout juste de déménager à la Villa Creatis aux côtés de l’Unitex; c’est important, pour vous, les rapprochements entre organisations professionnelles ?

Pour moi, le textile et l’habillement sont faits pour s’entendre et c’est pour cette raison que nous nous sommes rapprochés géographiquement d’Unitex (Union des membres de l’industrie textile de Lyon et sa région). De manière générale, je pense que dans des périodes de conjoncture difficile, il est nécessaire d’être tous réunis pour se faire entendre.

A ce propos, Mode-Habillement Rhône- Alpes est la seule organisation régionale où tous les segments de l’habillement sont représentés avec des marques s’adressant à la femme, à l’homme, à l’enfant mais aussi des griffes d’accessoires, de fourrure et bien entendu de lingerie. Ainsi, nous pouvons représenter au plus juste notre région qui a un poids économique d’importance via ses 460 entreprises (1000 marques – 4000 employés) pour un chiffre d’affaires de 2 milliards d’euros.

Quels sont les domaines d’intervention de votre organisation ?

Il y a bien entendu toutes les activités classiques de représentation d’un syndicat. Mais à Lyon, nous avons en particulier le Village des Créateurs que nous avons fondé pour soutenir la jeune création. Dirigée par Isabelle Gleize, la structure héberge une cinquantaine de jeunes talents profitant de nos services sur une durée de 23 mois. Nous avons également ModExport, notre programme d’aide pour les entreprises dans leur déploiement à l’international. ModExport informe sur les pays et, aide à trouver des sources de financement pour les entreprises. Et nous orientons également nos marques vers le service international de la Fédération Française du Prêt à Porter Féminin, qui accompagne chaque année 200 entreprises à l‘export.

Vous l’avez compris, je suis pour la collaboration entre les structures : nous avons chacun nos spécificités que ce soit entre régions ou entre Paris et les régions. C’est d’ailleurs comme cela que je fonctionne pour l’un des sujets qui me tient à cœur : la relocalisation des savoir-faire.

Comment travaillez-vous justement sur cette thématique de la relocalisation des savoir-faire ?

Je suis à l’origine du Livre Blanc de la Relocalisation : c’est dire si je suis impliqué (rires) ! Je reste persuadé que, là encore, il faut travailler selon les compétences de chaque région pour sauvegarder nos spécificités à leur plus haut niveau. En Rhône-Alpes, nous avons la soie, des imprimeurs, des brodeurs, du cuir. Ce sont des savoir-faire luxueux qui exigent une dextérité incroyable. Nous favorisons donc les partenariats entre nos grandes maisons et les écoles. La Maison Zilli est ainsi impliquée dans la formation proposée par le lycée Louise Labé sur le « Métier des vêtements de peau et du prêt-à-porter ». Et, fin novembre, nous allons signer un nouveau partenariat entre la Maison Lejaby Couture relancée par Alain Prost et le lycée professionnel Adrien Testud. Ainsi impliquées, ces marques prestigieuses trouveront sur place une main d’œuvre déjà adaptée à leurs techniques de travail.

Mais lorsque l’on parle de relocalisation, il n’y a pas pour moi que la façon : vous pouvez avoir le plus beau produit du monde, il faut aussi savoir le défendre, le vendre. Nous avons donc contribué à la mise en place d’une formation de vendeur au sein de SupdeMod Lyon. C’est une autre manière de sauvegarder les emplois en région.