3 questions à . . . Bruno Geeraert Chef du bureau du textile et des industries de la mode et du luxe au sein de la DGCIS, Direction Générale de la Compétitivité, de l’Industrie et des Services

« La DGCIS se doit d’accompagner l’ensemble des entreprises françaises, petites comme grandes »

Sous la tutelle de trois Ministres, la DGCIS orchestre nombre d’initiatives dans la filière mode. Chef du bureau dédié à notre secteur, Bruno Geeraert nous révèle les contours de sa mission entre identification des besoins et mise en place des actions.

La DGCIS, un sigle qui revient souvent dans les discussions de notre secteur, mais pouvez-vous nous expliquer quels sont ses domaines d’intervention?
La Direction Générale de la Compétitivité, de l’Industrie et des Services a été créée en janvier 2009, suite à la fusion de plusieurs entités vouées au pilotage des politiques industrielles, de l’artisanat, du tourisme….Les 1 500 personnes travaillant à Paris comme en régions sont placées sous la tutelle de trois Ministres : Arnaud Montebourg – Ministre du redressement productif, Fleur Pellerin – Ministre déléguée, chargée des petites et moyennes entreprises, de l’innovation et de l’économie numérique et Sylvia Pinel – Ministre de l’artisanat, du commerce et du tourisme. Nous sommes la cheville ouvrière de ces trois donneurs d’ordres qui sollicitent nos services suivant leur feuille de route. La DGCIS se doit d’accompagner l’ensemble des entreprises françaises, petites comme grandes. Nous sommes donc en dialogue permanent avec leurs représentants professionnels et nous identifions avec eux les actions à mettre en place. Des actions d’ordre juridique, mais aussi des projets structurants pour la filière (des appels à projet en vue d’actions collectives, le soutien de projets de R&D, l’accompagnement de dispositifs de formation, etc). Nous réalisons également des opérations ponctuelles, telles que des colloques sur des thématiques très diverses intéressant la filière : l’accompagnement des marques de mode émergentes, la promotion de l’excellence opérationnelle, la lutte contre la contrefaçon, les bonnes pratiques de la sous-traitance de l’habillement …

Comment êtes-vous structurés pour piloter ce bureau consacré au textile, aux industries de la mode et au luxe?

Avec mes collaborateurs, nous formons une équipe dédiée aux industries de l’équipement de la personne. Cela recouvre le textile, l’habillement au travers du prêt-à-porter et de la couture (c’est le Ministre en charge de l’industrie qui décerne le label Haute-Couture aux maisons), le cuir dans sa version « amont » (tanneries et mégisseries) et aval (la chaussure, la maroquinerie, la ganterie), la bijouterie/joaillerie /horlogerie/orfèvrerie et enfin, le secteur des lunettes. Mes collaborateurs se partagent ces secteurs et mon rôle consiste à les accompagner dans leurs tâches et à animer le travail du bureau. Notre objectif est limpide puisqu’il est inscrit dans l’intitulé du portefeuille de notre Ministre de tutelle : le redressement productif. La mission est vaste mais l’implication et la notoriété d’Arnaud Montebourg nous donnent de la visibilité. Quant aux actions menées, elles sont le fruit des échanges permanents que nous avons avec les Présidents des Fédérations concernées, de même qu’avec les Centres techniques industriels (CTI), les Comités professionnels de développement économique (CPDE) et les chefs d’entreprises eux-mêmes. Pour ma part, je suis impliqué, en tant que co-rapporteur, dans le comité stratégique de la filière Mode et Luxe dont la Vice-Présidente est Isabelle Guichot, CEO de Balenciaga. Daniel Wertel, Président de la Fédération Française du Prêt à Porter Féminin, est membre de ce comité. Le CSF Mode et Luxe décide des grandes directives, sur la base des propositions exprimées par les groupes de travail dont j’ai animé les réflexions. Cela nous permet de réunir autour d’une table tous les acteurs de la filière mode.

Votre quotidien est donc émaillé d’actions assez hétéroclites?

Effectivement (rires) ! Cela peut aller de missions de benchmark en Italie sur la mode et le luxe, à la mise en place d’un groupe de travail franco-japonais sur les textiles techniques, en passant par de nombreuses visites de l’outil industriel sur tout le territoire national. Mes collaborateurs ou moi-même sommes également présents lors des rencontres que les professionnels (notamment les Présidents de Fédération) peuvent avoir avec le cabinet du Ministre. Nous échangeons d’ailleurs pratiquement au quotidien avec les Fédérations. Par exemple, le 17 octobre dernier, Daniel Wertel m’a demandé d’introduire, à la Fédération Française du Prêt à Porter Féminin, la présentation de la cartographie des savoir-faire de la mode et du luxe. C’est un outil stratégique mis en place sur l’idée de l’un des groupes de travail du CSF Mode-luxe, qui dresse un panorama des forces et des faiblesses de tous les maillons de la chaîne industrielle mode et des actions à engager pour assurer sa pérennité. En 2011, nous avons aussi contribué à l’élaboration d’un cursus labellisé, porté par Opcalia. A destination des chefs d’entreprise, ce cursus permet de mieux appréhender les nouvelles problématiques de management, d’innovation…En bref, nous mettons en place des solutions pratiques pour répondre à des besoins concrets exprimés au travers de nos échanges quotidiens avec les professionnels.