3 questions à . . . Jean-Pierre Siutat Président de la Fédération Française de Basketball et Vice-Président délégué du Comité National Olympique et Sportif Français en charge de la territorialité.

Le chef de file du basket français a gravi tous les échelons depuis ses débuts il y a trente ans comme fondateur et entraineur du club féminin de Tarbes Gespe-Bigorre. A la veille des Championnats du Monde, Jean-Pierre Siutat explique sa stratégie gagnante.

« L’objectif est de renforcer l’existant, tout en fédérant. C’est la clé du succès ».

Comment appréhendez-vous le management pour mener vos équipes à la victoire tout en évitant les écueils ?
J’ai proposé un management mobilisant nos dirigeants actuels et notre administration fédérale, autour de nouveaux projets issus d’une feuille de route annuelle, en intégrant les notions de service public et de démarche de qualité. Le but est de rassembler et de mettre en œuvre une écoute active du terrain et de partage des projets. La cohésion de l’organisation pyramidale (du club à la fédération) est impérative : chaque structure doit avancer au même rythme. Un décalage des niveaux de structuration et de professionnalisation ou des rythmes d’innovation risquerait de conduire à un manque de réactivité, voire à un immobilisme généralisé. J’ai souhaité qu’il y ait un vrai travail d’équipe avec tous les acteurs et une communication à la fois transparente et interactive. Pour cela, nous avons organisé des assisses avec l’ensemble des ligues et des comités et j’ai effectué une tournée des territoires pour ne pas nous couper des réalités du terrain. Le travail est organisé en étroite collaboration avec la Ligue Nationale de Basketball.

Quelles sont les missions que vous vous êtes fixées à la tête de la Fédération Française de Basketball ?

Le basket français se porte bien. Le sport de haut niveau a progressé. Au niveau européen et mondial, les jeunes sont bien classés, nos séniors aussi. Nous avons franchi la barre des 500 000 licenciés. En 2013, Tony Parker (pour l’Equipe) et l’équipe de France (pour Radio France) ont été élus sportifs de l’année. Nous poursuivons nos efforts pour progresser dans plusieurs domaines : avec les collectivités territoriales, dans la formation des jeunes, le basket féminin que nous développons, les compétitions comme les Trophées Coupe de France ou encore la recherche de nouvelles ressources financières liées à la marque FFBB….

Quel rôle doit tenir, selon vous, la Fédération ?

Son rôle n’est pas de se limiter à réglementer, encadrer et réguler l’activité des clubs. Il est aussi d’encourager et d’accompagner les initiatives des clubs, en répondant aux besoins et aux contextes territoriaux, en favorisant par exemple le regroupement de clubs pour former des clubs mieux structurés. La FFBB essaie d’améliorer la couverture territoriale de la discipline en incitant la création de nouveaux clubs dans certaines zones déficitaires, en mettant en place de nouveaux outils, en développant des formations de dirigeants d’associations. Notre politique sportive doit soutenir le sport dans sa capacité à participer aux enjeux du territoire en termes de loisirs, d’éducation, d’insertion, de cohésion sociale, de communication. Notre approche est aussi qualitative que quantitative. Chacun peut jouer un rôle dans l’histoire du basket français. Nous portons donc autant d’attention à chacun de nos acteurs.

Une inspiration pour les fédérations industrielles?