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Christelle Kocher, créatrice de la marque Koché.

Ces derniers mois ont été intenses pour Christelle Kocher. Après une dizaine d’années de stylisme au service des plus grands, la créatrice a sauté le pas en créant sa marque, Koché, tout en conservant la direction artistique des Ateliers Lemarié.
Soutenue par la Fédération Française du Prêt à Porter Féminin, elle fait partie des 26 demi-finalistes de la seconde édition du LVMH Prize. Preuve de son talent, Koché a été sélectionnée en février dernier, parmi pas moins de 1000 candidats. Enfin, elle expose sa collection au showroom de créateurs Designers Apartment du 6 au 12 mars prochain.

Quel a été votre parcours avant de créer votre marque ?
J’ai été diplômée de la Saint-Martins School, à Londres, en 2002. Durant mon défilé de dernière année, j’ai été repérée par la maison Giorgio Armani. Dans la foulée, je suis entrée chez Emporio Armani avant de réaliser, au bout de quelques mois, que je souhaitais m’investir auprès d’une marque plus créative, moins classique. J’ai alors commencé à collaborer avec Martine Sitbon. Ça a duré trois ans. Je dessinais les collections et dirigeait l’atelier avec elle. Cette expérience s’est révélée riche et incroyable. Par la suite, j’ai été chargée du dessin de flou chez Chloé avant une expérience assez courte chez Sonia Rykiel.
En 2009, quand on m’a proposé de devenir la première assistante de Dries Van Noten, je n’ai pas hésité. C’était très enrichissant d’intégrer une telle maison qui, de plus, est indépendante. Enfin, ma dernière expérience de styliste pour une griffe, je l’ai faite aux côtés de Tomas Maïer. Je dessinais avec lui la collection femme chez Bottega Veneta.
En parallèle, on m’a confié la direction artistique de la Maison Lemarié. C’est une maison d’Art spécialisée dans la plumasserie. J’effectue un travail de fond avec les artisans. L’objectif est de donner un coup de frais, une vision plus neuve à cette entreprise, de la dynamiser. C’était un vrai challenge pour moi car j’y ai découvert la broderie, la plumasserie. J’ai débuté avec eux il y a quatre ans et j’ai très envie de continuer. Les effectifs ont été multipliés par 5 et l’aura de la maison se développe. Rencontrer tous ces artisans a provoqué un déclic en moi : j’ai eu envie de créer ma marque. J’ai débuté en septembre dernier après avoir pris la décision d’arrêter ma mission chez Bottega Veneta. J’ai présenté ma première collection dans un showroom, en septembre. Je souhaite apporter un côté streetwear, confortable, moins glorifié à la mode.

Quel est votre regard sur la mode d’aujourd’hui?
Il y a une grande vague minimale, dans un esprit très Céline. De mon côté, j’ai envie de travailler sur l’idée d’embellissement mais pas d’une manière vieille et poussiéreuse. En général, le très chic, le luxe se limitent essentiellement à un vestiaire couture ou « red carpet » sur les robes de soirée. Moi, j’utilise du molleton, du jersey, des coloris assez forts. Je pense que le sportswear se retrouve de plus en plus au quotidien. Les femmes ont besoin d’avoir des vêtements qui collent à la vie active. Disons que je me réclame davantage des coupes de Madame Grès, de Charles James ou de Balenciaga pour leur mode très architecturée. J’ai besoin de pièces exclusives, très bien réalisées, avec une âme. Je revendique à la fois une valeur ajoutée que l’on ne trouve pas partout et le confort. En cela, je croise les genres, les styles. Je tiens à m’inscrire dans l’héritage de la tradition française, dans cette histoire incroyable des savoir-faire tout en étant dans une culture street. Je vis entre Paris et New York et je suis très sensible aux cultures urbaines.

Avez-vous obtenu des aides particulières pour accompagner vos débuts?
La Fédération Française du Prêt à Porter Féminin met à disposition un programme d’aides qui portent aussi bien sur le travail autour du business plan, sur le positionnement de la marque, la communication. J’y suis adhérente et j’ai pu bénéficier de rendez-vous dédiés au développement de ma marque après la présentation de ma première collection. La Fédération nous accompagne, et nous donne des conseils. Ça permet aussi de prendre du recul sur ce que l’on fait.
Par ailleurs, j’ai été choisie par la Fédération Française de la Couture pour faire partie des créateurs invités à présenter leur collection dans le showroom Designers Apartment, pour la session en preview, en janvier, puis celle de mars. C’est un excellent tremplin de pouvoir être dans ce showroom tant pour la visibilité que pour mon développement commercial.