3 questions à . . . Bruno Julliard, Premier Adjoint à la Maire de Paris

Bruno Julliard, Premier Adjoint à la Maire de Paris chargé des questions relatives à la culture, au patrimoine, aux métiers d’art, aux entreprises culturelles, à la nuit et aux relations avec les arrondissements.
Quelles sont les priorités de la ville dans son soutien à la mode ?
La Ville de Paris est fière d’intervenir tant en faveur de la formation que pour soutenir les créateurs et les ateliers de production.
La communication et le soutien en visibilité sont des axes majeurs de l’engagement de la Ville de Paris. Ainsi, en septembre dernier, la Ville, en partenariat avec les professionnels du secteur, a illuminé la Tour Eiffel en l’honneur de la mode, organisé une exposition à l’Hôtel de Ville, « Le Dressing de Rêve des Parisiennes », qui a rencontré un grand succès mais a aussi rassemblé tous les acteurs du secteur dans les salons de l’Hôtel de Ville.
Cette communication s’adresse à la fois aux touristes internationaux, afin de rappeler le lien intrinsèque entre la mode et Paris, mais également aux Parisiens afin qu’ils puissent vibrer au moment des Fashion Weeks aux côtés des professionnels.
La Ville s’adresse plus particulièrement aux créateurs à travers plusieurs dispositifs de soutien qui vont de la formation à l’accessibilité des ateliers en passant par le soutien à la création d’entreprise.
Les trois écoles d’art appliqué de la Ville, Boulle, Estienne et Duperré comptent parmi leurs anciens élèves des créateurs de renommée internationale – comme Bouchra Jarrar, styliste de talent – qui contribuent à leur notoriété.
La Ville de Paris a également mis en place un service qui accompagne les porteurs de projet dans la création de leur entreprise, conseille les professionnels et leur donne de la visibilité. Je suis particulièrement fier de l’action menée par les Ateliers de Paris, qui ont participé à la réussite d’un grand nombre de leurs résidents. Plusieurs d’entre eux ont été récompensés par les membres du jury des Grands Prix de la Création de la Ville à l’instar de Christine Phung. Ces Grands Prix, dont la Fédération a été un fort soutien, récompensent aussi bien des talents à venir (Léa Peckre, Yiqing Yin…) que confirmés (Sakina M’Sa, Julien Fournié…).
Enfin, la Ville propose un immobilier accessible à l’ensemble des professionnels dans des lieux emblématiques des métiers de création comme le Viaduc des Arts, les Ateliers M1D ou la Cour de l’Industrie mais également dans des commerces.
De manière générale, quels sont les nouveaux enjeux des industries créatives (mode,design,art…) pour Paris ?
Le fait que des villes comme New York et Londres cherchent à ravir à Paris son titre de Capitale de la mode montre à quel point les industries créatives constituent un enjeu déterminant en termes de développement économique, d’emploi et d’attractivité internationale.
Il est donc nécessaire de tout faire pour les aider à se maintenir dans la Capitale en mettant à leur disposition des ateliers à des prix accessibles mais aussi en favorisant les projets d’incubateurs tels que ceux proposés par l’équipe de Jacques Veyrat sur Château Landon, celui de la Chambre des Métiers ou encore celui du Collectif Coulanges dans le cadre de Réinventer Paris.
Il nous faut également proposer un niveau de masterisation des écoles d’art appliqué parisiennes (Boulle, Estienne et Duperré et Olivier de Serres) qui ont lancé une expérimentation depuis 2015. C’est aussi le soutien au rapprochement de l’école Duperré avec l’Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3 pour la création d’une chaire de mode qui illustre la volonté de la Capitale de la mode d’accompagner les futurs créateurs dans l’obtention de diplômes réputés et reconnus internationalement.
Quel est votre regard sur l’évolution de la mode française?
La mode est constamment en évolution. Elle n’est jamais figée. Actuellement, elle nous offre un visage très intéressant avec le développement de nouvelles marques dans le prêt-à-porter moyen de gamme notamment. Ces dernières proposent aux Parisiens une vraie alternative à la fast fashion et aux grands groupes de luxe.
Ces marques, qui sont très créatives, n’hésitent pas à concevoir et produire une mode écologique malgré de fortes contraintes de coût. Cette démarche de développement durable, admirablement portée par l’Herbe Rouge, Sakina M’Sa et son Front de Mode, est dans l’air du temps et attendue par un grand nombre de consommateurs. Cette approche doit se développer tout comme celle de l’intégration des nouvelles technologies dans le processus de création et de fabrication. La prise en compte de ces aspects par le groupe Kering est une très bonne nouvelle pour l’avenir de la mode.