3 questions à . . . Cyril Paillot, fondateur de la marque NUE 19.04

Tombé très tôt dans la mode, Cyril Paillot a démarré à 17 ans chez Catimini en tant que styliste. À 25 ans, il collabore pour Jean Bourget avant de rejoindre IKKS comme styliste enfant. Au sein d’IKKS, il lance la ligne femme pour laquelle il aura carte blanche. En 2011, il concrétise une envie qu’il avait depuis longtemps : créer sa propre marque. Ainsi est née NUE 19.04, une marque féminine de prêt-à-porter à la fois « rock et sensuelle » et où les matières sont reines.
Quelles sont les principales difficultés et opportunités pour une jeune marque aujourd’hui ?
Les difficultés de paiement sont l’obstacle le plus important, en particulier lors des premières saisons. Les sommes en jeu sont conséquentes. C’est donc pour cela qu’il est essentiel de trouver les bons partenaires commerciaux, que ce soit des détaillants, des agents ou des distributeurs. Nous devons faire un travail en amont afin d’éviter les erreurs d’aiguillage.
Une autre difficulté est liée au coût de production. Pour la maille, par exemple, nous payons 30% plus cher parce que nous commandons peu de volume, et ensuite, il faut batailler pour être livré à temps. Tout cela demande beaucoup d’énergie.
Les opportunités se situent, pour nous, essentiellement à l’export où nous réalisons entre 80 et 85% de notre chiffre d’affaires.
Selon moi, le nerf de la guerre est la communication et la visibilité qui sont d’ailleurs indissociables. C’est primordial aujourd’hui pour se développer.
En quoi ont consisté les aides pour accompagner vos débuts et votre développement ?
Dès notre lancement, nous avons participé, avec le soutien du DEFI, à des salons français et internationaux sur des saisons différentes.
La Fédération Française du Prêt à Porter Féminin nous a beaucoup soutenus. Ses équipes sont très actives, dynamiques et nous sollicitent pour des rendez-vous, des rencontres. Elle nous a mis en relation avec Unibail-Rodamco qui prospectait des marques pour s’implanter à Polygone Riviera, son centre commercial situé à Cagnes sur-mer. Après plusieurs rendez-vous, nous avons ouvert un magasin. La Fédération nous a également proposé de participer à la Fashion Week de Shenzhen. Nous avons ainsi déposé notre dossier et nous avons été sélectionnés pour y défiler l’année dernière. C’était une expérience très enrichissante. La Fédération apporte aussi un soutien moral qui est très important pour une marque car, durant les premières saisons, tout paraît compliqué et lourd.
Comment décririez-vous le parcours pour acquérir une bonne diffusion de marque entre le wholesale en France, à l’export et les boutiques en propre ?
Pour être distribué, il faut être présent sur les salons Français mais aussi européens (Berlin, Londres et Milan). L’export est fondamental pour nous puisqu’il représente la majeure partie de notre chiffre d’affaires. Nos clients viennent aussi bien de Corée du Sud, du Japon, de Chine que des États-Unis ou d’Europe. En signant avec certains acheteurs asiatiques, cela nous donne parfois l’accès à trente ou quarante magasins. Les volumes de leurs commandes peuvent surprendre au début. Depuis peu, nous constatons aussi un retour de clients espagnols ainsi que, dans une moindre mesure, de Portugais et de Grecs.
Par ailleurs, notre concept store à Polygone Riviera fonctionne bien, et les résultats de ce magasin sont vraiment encourageants. Comme cette expérience est positive, il se peut que nous signions de nouveau avec Unibail pour nous implanter dans un centre commercial similaire. Enfin, le projet prioritaire est d’ouvrir un magasin à Paris.