3 questions à . . . Olivier Dall'arche, co-fondateur de la marque UNX

Ancien directeur de l’innovation chez L’Oréal et co-dirigeant d’une agence de communication, Olivier Dall’arche a créé la marque UNX en septembre 2016 avec sa femme Marie, professeur d’art plastique et ex-salariée d’une galerie d’art. Cette marque féminine va présenter sa deuxième collection dans le cadre du calendrier officiel de la Fashion Week parisienne. À la tête du style, Hédi El Chikh, ex-Alaïa, suit le fil conducteur du projet : la liberté de mouvement inspirée par les arts martiaux et le self-defense.
Quels sont les fondamentaux de la marque ?
Notre ADN est lié à l’envie de mélanger le monde du sport et le mode. Nous avons voulu créer une marque de mode inspirée par les sports de combat en intégrant la culture de cette pratique dans le monde de tous les jours. Notre objectif était notamment de libérer le mouvement en proposant un prêt-à-porter de qualité inspiré à la fois par le tailoring et le sportswear. Cette idée a vu le jour après l’agression dont ma femme a été victime. Elle a été agressée par trois personnes alors que j’étais en train de lui parler au téléphone. Je me suis senti impuissant mais heureusement, grâce à sa pratique du krav maga, elle a pu se défendre. Cela a provoqué un déclic. Nous avons pris conscience de l’importance de la liberté de mouvement alors que, bien trop souvent, nos vêtements sont étriqués.
Puis nous avons rencontré Hédi El Chikh, qui a travaillé comme styliste plusieurs années auprès d’Azzedine Alaïa. Il a parfaitement compris ce que nous souhaitions. Nous voulions sortir de l’image bodybuildée associée au krav maga pour créer une nouvelle marque avec un vestiaire original, sophistiqué et surtout très féminin.
Quels ont été les principaux soutiens depuis votre lancement mais aussi les principales difficultés ?
Les difficultés sont essentiellement financières. C’est le nerf de la guerre mais nous avons tout de suite été bien encadrés. Nous avons rencontré les bonnes personnes au bon moment notamment Perséphone Kessanidis, co-fondatrice de l’agence de conseil et showroom M&K, qui a cru tout de suite en notre projet. C’est elle qui nous représente commercialement et qui nous a permis d’être référencé aux Galeries Lafayette. Caroline Charles, elle, nous accompagne dans le développement de notre marque. Elle gère nos relations presse et est un élément central de notre équipe.
Par ailleurs, la construction de notre projet s’est enrichie des échanges que nous avons eus avec Pierre-François Le Louët, Président de la Fédération Française du Prêt à Porter Féminin, avec les équipes de l’agence de conseil NellyRodi, ainsi qu’avec Pascal Monfort, consultant multi-facettes. Ce projet est devenu fédérateur et a trouvé une vraie dynamique d’équipe. Ceci dit, je dois avouer que je ne savais pas trop dans quoi je me lançais au départ. J’y ai cru et nous avons eu de la chance. En tant qu’adhérent, la Fédération Française du Prêt à Porter Féminin nous aide régulièrement, en particulier pour la gestion d’entreprise, les questions pratiques, les ressources humaines mais aussi pour la mise en place d’une stratégie. Cela nous permet d’éviter au maximum les erreurs.
Quelle est la place du digital dans votre stratégie commerciale ?
Depuis nos débuts, elle est centrale. Toute notre histoire a été construite autour du digital. Cela a été le point central de notre développement. Je reconnais que c’est beau sur le papier car il y a de nombreuses études qui évoquent l’avenir du commerce passant avant tout par l’e-commerce. C’est peut-être vrai pour de grandes entreprises qui utilisent ces nouveaux modes de e-consommation mais peuvent s’appuyer sur leurs gigantesques bases de données clients. C’est vrai aussi pour des entreprises qui ont créé leur business model sur la relation client, comme Sézane. Mais au global, la réussite en e-commerce reste encore une exception, car beaucoup de freins limitent l’achat de prêt-à-porter.
Ainsi pour des marques qui démarrent, avec des moyens limités, il est difficile de performer. Le digital reste un excellent moyen pour communiquer et se faire connaitre plus rapidement.
Certes, il faut être présents sur les réseaux sociaux mais pour créer une communauté, il faut viser le qualitatif et non la quantité de followers.
Pour notre première saison, automne-hiver 2016-2017, la collection était vendue aux Galeries Lafayette et sur internet, ce qui sera le cas aussi pour le printemps-été 2017. Par ailleurs, nous avons intégré le calendrier officiel de la Fashion Week de Paris. Nous présenterons la prochaine saison en live sur les réseaux sociaux.
En parallèle, nous avons travaillé sur la possibilité d’offrir à nos clientes l’essayage de nos vêtements à leur domicile via une nouvelle fonctionnalité sur notre site. Les vêtements sont livrés le jour même, au moment qui vous convient, vous décidez ensuite de les garder ou non. Acheter des vêtements en ligne peut encore freiner les consommateurs surtout quand ils ne connaissent pas la marque. C’est pourquoi nous souhaitons proposer ce service qui sera disponible dès le 1er Mars prochain.