3 questions à . . . Youssouf Fofana, co-fondateur de Maison Château Rouge.

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Il a passé un BTS Banque avant de décrocher un master en gestion de projet et webmarketing. Son frère et associé, Mamadou, a fait un DUT qualité logistique avant d’enchaîner lui aussi sur un master. Après des expériences diverses, ils décident de créer l’association Les Oiseaux Migrateurs avec deux amis. Leur objectif ? Proposer un accompagnement aux entreprises africaines désirant exporter. Le projet Maison Château Rouge est né, à l’origine, pour financer cette association. Le premier top voit le jour en mai 2015. Depuis, l’aventure sur fond de wax multicolore ne cesse de se développer.

Quelles sont les spécificités de Maison Château Rouge ? Comment communiquez-vous sur vos racines ? Quels sont les outils les plus efficaces pour vous faire connaître ?
Nous avons voulu rendre hommage au quartier multiculturel de Château Rouge dans le 18e arrondissement de Paris. C’est un quartier peu connu des Français et même des Parisiens. Les rares fois où l’on en entend parler, ce ne sont pas pour de bonnes raisons. J’ai eu envie de valoriser le quartier en participant à un projet d’économie locale.

Notre marque propose des vêtements en wax, le tissu traditionnel africain, dans une coupe contemporaine. Tous les tissus sont achetés dans le quartier et la production est réalisée à Paris. Le wax a été découvert à Paris dans les années 80/ 90 grâce à la diaspora africaine en particulier dans le quartier parisien de Château Rouge. Aujourd’hui, nous avons la chance de nous développer dans une période où le wax et la mode africaine sont dans l’air du temps. De notre côté, nous voulons partager la culture africaine en proposant des produits pour tout le monde.

Quant à notre façon de communiquer, elle est tout simplement actuelle. Nous capitalisons sur notre double culture en tant que Parisiens avec des racines africaines. Nous voulons tirer le meilleur de ces cultures sans être communautaires. Nous utilisons donc Instagram qui nous a permis d’être découverts. Tout a commencé par un shooting un peu improvisé avec des amis. La photo a été postée sur Instagram et elle a été relayée avant même que nous communiquions officiellement dessus. Sur le salon Who’s Next, nous avons rencontré la directrice de la mode de Merci qui nous a référencés pour l’événement Wax. Ensuite, c’est le Bon Marché qui a décidé de vendre notre collection durant l’événement dédié à Paris. Instagram est basé sur le visuel. Cela permet de montrer une identité facilement mais aussi d’évoluer en fonction des réactions de personnes qui nous suivent.

Quels ont été les principaux obstacles mais aussi les principaux soutiens depuis la création de la marque ?
Le principal obstacle est de ne pas avoir fait de formation en mode. J’ai donc découvert au fur et à mesure les techniques de fabrication. Cela prend plus de temps, même quand je montre mes dessins. C’est un gros frein donc il faut bien s’entourer. L’autre obstacle, plus banal pour une jeune marque, est d’ordre financier. Nous avons beaucoup d’idées mais nous avons appris qu’il faut se concentrer pour ne pas griller les étapes. Six mois après notre lancement, nous avons collaboré avec la marque de sneakers Sawa. Son fondateur, Medhi Slimani, nous a beaucoup aidés. Par la suite, notre présence chez Merci et au Bon Marché nous a apporté une visibilité assez incroyable. Persephone Kessanidis, co-fondatrice de l’agence de conseil et showroom M&K nous a également repérés sur Instagram. Notre marque est désormais représentée par son showroom.
Quant à la Fédération Française du Prêt à Porter Féminin, elle nous a fait gagner du temps. Grâce aux premiers rendez-vous, nous nous sommes posés les bonnes questions en particulier sur mon organisation. J’avais tendance à tout faire et il était nécessaire de mieux nous structurer et répartir les fonctions.

Comment envisagez-vous les principales étapes de votre développement commercial ? En France et à l’international ?
Au départ, la vente en ligne a été le meilleur moyen de démarrer commercialement pour tester le produit et la marque. Une fois cette étape validée, la collection a été sélectionnée par Merci puis le Bon Marché. Cette présence dans ces magasins prestigieux a rassuré les professionnels. Enfin, le showroom M&K a placé notre collection aux Galeries Lafayette depuis mars et dans une dizaine de points de vente à l’international : au Japon, aux États-Unis, en Angleterre, au Danemark et en Corée. Retrouver la marque dans ce grand magasin parisien où j’allais acheter mes vêtements paraît assez fou. C’est une forme d’aboutissement. Par ailleurs, le site demeure notre vitrine. Aujourd’hui, notre clientèle en ligne est 50% française, 50% internationale.