Assises Académiques de la Mode : le bilan

La Fédération Française du Prêt à Porter Féminin organisait le 06 novembre 2025 les Assises Académiques de la Mode à La Caserne – L’accélérateur parisien de mode responsable.

Cet événement inédit a rassemblé les écoles de mode parisiennes, leurs représentants en régions, les institutions de la filière ainsi que les journalistes autour d’un panel d’intervenants sans précédent. Pour la première fois, des experts hors du secteur de la mode ont livré leurs apprentissages et leurs bonnes pratiques sur la manière dont leurs industries ont fait face aux enjeux qui traversent actuellement la Mode : attractivité des métiers en tension, évolution des approches pédagogiques et valorisation des emplois.

Une jeunesse plurielle en quête de reconnaissances

“Il y a autant de jeunes que de jeunesses” rappelle Jasmine Manet Fondatrice de l’ONG Youth Forever. Aussi plurielles soient-elles, ces jeunesses partagent des préoccupations communes. Elles sont les héritières de générations aux mauvaises conditions de travail. Les jeunes ne veulent pas reproduire les schémas de leurs parents.

Jérémie Pelletier, Co-Directeur Général de la Fondation Jean Jaurès et Directeur de l’étude “Les jeunes et l’entreprise – Vague 2024” précise les priorités de ces jeunes : une véritable considération morale et financière.

Un constat partagé par le Général Arnaud Goujon, Responsable du pôle Recrutement de la Jeunesse à l’Armée de Terre : “Il faut bien leur parler, bien les accompagner, bien les considérer”.

Par ailleurs, la volonté des jeunes de travailler pour des entreprises engagées reste une réalité. Lucides, leurs exigences de transparence et de cohérence envers les recruteurs continue de croître. Faute de quoi, les entreprises risquent de renforcer l’incrédulité, la déception et la lassitude d’une génération “no bullshit”, comme le souligne Camille Devailly, DRH de Jonak.

Une mobilisation collective pour l’attractivité durable de la filière

Alors que la filière mode française est considérée comme destructrice d’emplois par les pouvoirs publics, François-Marie Grau, Délégué Général de la FFPAPF et Pierre-Jacques Brivet, Directeur de la formation initiale à l’UFIMH, convergent sur l’urgence de la filière à gagner en attractivité et à fidéliser ses talents.

Pour répondre à ce défi, les experts sont unanimes sur la nécessité d’investir dans une marque employeur incarnée et porteuse de sens sur tout le secteur. C’est l’approche adoptée par la Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment (CAPEB), qui veille à la bonne expérience de ses jeunes talents, du CFA jusqu’à leur première embauche. Pour ce faire, il a fallu mobiliser toutes les corporations, réaliser une étude d’ampleur et parler d’une même voix sur des valeurs, une vision et une offre commune pour les jeunes explique Florence Diesler, Directrice Compétences et Formations de l’institution.

Pour les entreprises, l’incarnation de la marque employeur commence dès le recrutement, souligne Flora Nioré, Senior Manager Talent Acquisition au sein du groupe PVH. “Le candidat a autant d’attentes que l’entreprise qui recrute, il est donc primordial de former les recruteurs à l’infusion complète de cette culture d’entreprise, notamment pour limiter les biais à l’embauche”. Enfin, comme le rappelle Camille Devailly, il est tout aussi essentiel de soigner l’accompagnement à la sortie : les (ex-)collaborateurs restent les premiers ambassadeurs de la marque.

Renforcer les liens entre innovation académique & besoins industriels

En amont du recrutement, comment optimiser les relations écoles-entreprises permettant aux candidats à l’embauche des qualifications pertinentes avec les réalités de la filière et les besoins industriels de la France ?

Mattias Mano, Directeur du centre pédagogique des Universités PSL insiste sur la nécessité pour les écoles de replacer l’étudiant au centre du processus pédagogique : “ Il est essentiel de responsabiliser les jeunes dans leur apprentissage afin qu’ils développent les compétences et les “soft skills” attendus une fois sur le marché du travail.” Quant aux entreprises, les espaces de rencontre et de travail collectif qu’elles peuvent initier avec les étudiants (projets tutorés, “job dating”) sont des tremplins rassurants pour les jeunes : “Il y a ce que les jeunes veulent, mais aussi ce que les jeunes peuvent. Ces opportunités leur permettent de voir ce qu’ils peuvent envisager pour leur avenir professionnel” précise Anne Chutczer, Déléguée Générale d’Atout Jeunes Universités.

Suite aux Assises Académiques de la Mode et dans la lignée des initiatives qu’elle mène auprès des écoles de mode et des professionnels du secteur, la Fédération Française du Prêt à Porter Féminin publiera en 2026 un livre blanc sur les solutions d’avenir pour transformer la formation Mode en France et favoriser l’employabilité des jeunes dans l’industrie.